L'hypnose peut-elle vous dégoûter de la cigarette ?
Quand on pense à l'hypnose pour arrêter de fumer, on a souvent la même image en tête : une séance, une suggestion, et le lendemain l'odeur de la cigarette vous écœure. L'hypnose peut-elle vraiment vous dégoûter du tabac, et est-ce la bonne façon d'arrêter ? Voici comment ça fonctionne, et pourquoi Caroline Cospain travaille autrement.

D'où vient l'idée de l'hypnose qui dégoûte
Dans les spectacles et au cinéma, on voit souvent l'hypnotiseur suggérer à quelqu'un que la cigarette a un goût horrible. En hypnose, cette technique porte un nom : la suggestion aversive. Le praticien associe la cigarette à une sensation désagréable, comme le goût d'un cendrier froid, une odeur écœurante ou une légère nausée, pour que votre cerveau rappelle cette sensation au moment où vous allumez une cigarette.
Est-ce que ça marche ?
Chez certaines personnes, le dégoût apparaît effectivement dans les jours qui suivent. Le problème, c'est que le dégoût agit sur le goût et sur l'odeur, alors que la cigarette tient surtout par ce qu'elle vous apporte dans votre journée : la pause, le calme, la récompense, le moment à soi. Quand l'envie de fumer vient d'un besoin de réconfort, le dégoût ne répond pas à ce besoin.
Avec le temps, la sensation désagréable a tendance à s'estomper. Et le jour d'un gros coup de stress, le besoin de réconfort est toujours là, sans que rien n'ait changé dans la façon dont vous voyez la cigarette.
Le risque : arrêter en se sentant privé
Si une partie de vous voit encore la cigarette comme une amie, une béquille ou une solution, le dégoût vous oblige à vous en séparer sans avoir changé ce regard. Vous arrêtez alors avec le sentiment d'avoir perdu quelque chose, et c'est souvent ce sentiment de privation qui ramène à la cigarette quelques semaines plus tard.
C'est ce lien que nous décrivons dans « La cigarette, votre doudou affectif » : tant que la cigarette garde sa fonction de refuge, chaque moment difficile devient une occasion de rechute.
Ce que fait Caroline Cospain
La méthode Acceptation Programmée® commence par un travail conscient. Pendant la journée, vous comprenez ce que vous avez attribué à la cigarette au fil des années et vous remettez en question ce qu'elle représente encore pour vous : la solution au stress, la récompense, le réconfort. Quand ce regard change, la décision d'arrêter devient claire, et vous n'avez plus besoin de vous forcer à détester la cigarette pour vous en séparer.
L'hypnose intervient ensuite, en fin de journée. Elle accompagne votre inconscient sur les automatismes construits au fil des années, le café, la pause, la voiture, le stress, pour qu'il aille dans la même direction que votre décision. Nous expliquons ces automatismes dans « Le réflexe pavlovien : pourquoi la cigarette est un automatisme ».
« On ne retire pas la pause. On retire la cigarette de l'équation. »
Questions fréquentes
L'hypnose peut-elle me faire arrêter contre ma volonté ?
Non. L'hypnose accompagne une décision que vous avez prise. Si une partie de vous n'a pas envie d'arrêter, aucune suggestion ne prendra la décision à votre place.
Je n'aime déjà pas le goût de la cigarette, et je fume quand même. C'est normal ?
Oui, et c'est très fréquent. Beaucoup de fumeurs trouvent le goût désagréable et continuent de fumer, ce qui montre bien que la dépendance tient à autre chose qu'au goût : aux habitudes et à ce que la cigarette vous apporte.
Combien de temps dure l'hypnose pendant la journée ?
Environ une heure, en fin de journée, une fois que le travail conscient est fait. Tout le déroulé est expliqué sur la page hypnose pour arrêter de fumer à Paris.
En résumé
L'hypnose peut créer un dégoût de la cigarette chez certaines personnes, mais ce dégoût agit sur le goût et l'odeur alors que la dépendance tient surtout à ce que la cigarette vous apporte. Pour un arrêt qui dure, il faut d'abord changer le regard que vous portez sur elle, puis accompagner les automatismes par l'hypnose.

Rédigé par Caroline Cospain
Hypnothérapeute · Arrêt du tabac · 26 octobre 2026



